Diagnostic astrophoto de Pléiades : Gradient pollution lumineuse, étoiles cramées et 1 autre
Traitée360x20s
Le Doc a examiné cette image de Pléiades (traitée, 360x20s). Qualité technique globale estimée à 6/10. 3 défauts repérés : Gradient pollution lumineuse (sévérité 3/5), Étoiles cramées (sévérité 3/5), Bruit chromatique du fond (sévérité 2/5).
&w=1920&q=75)
Infos
- Cible
- Pléiades
- Position
- 3h46m60s · +24°07'12"
Conditions lunaires idéales : premier croissant à 3% d'illumination, donc aucune contribution de la Lune au fond de ciel. Le gradient mesuré est donc à mettre entièrement sur le compte de la pollution lumineuse locale ou d'une hauteur faible sur l'horizon. Les Pléiades sont une cible en lumière large bande, très sensible au fond de ciel : c'est le bon moment lunaire pour les viser, mais il faut les prendre au plus haut dans le ciel et orienter le tube à l'opposé de la source lumineuse. Le seeing annoncé à 5 reste médiocre, ce qui explique en partie des étoiles brillantes assez empâtées.
Setup
- Type d'image
- Traitée
- Télescope
- Seestar s50
- Monture
- AZimutale
- Exposition
- 360x20s
- Phase de lune
- Premier croissant (3 %)
- Seeing
- 5
- FOV
- 1.50°
Le Seestar s50 est bien adapté ici : 1.50° de champ cadre l'amas principal avec la nébulosité de Mérope et Maïa, même si les Pléiades débordent un peu au-delà du cadre, ce qui reste une composition acceptable. 360 poses de 20s, soit 2h de signal, suffisent à sortir la nébulosité par réflexion, mais des subs de 20s sur des étoiles de magnitude 3 saturent inévitablement les cœurs : c'est la limite structurelle de l'instrument sur cette cible. Une série complémentaire de poses courtes à mixer en HDR est le seul vrai remède. La monture azimutale tient bien le coup sur ce format de pose, aucun défaut de suivi visible.
Le diagnostic en détail
Le cœur du diagnostic tient en deux points indépendants, l'un d'acquisition, l'autre de traitement. Côté acquisition, le fond de ciel porte un gradient linéaire franc, mesuré à 63% d'amplitude orienté à 274°, avec un plan qui colle à R²=0.96 et domine toute composante radiale d'un facteur 39. Ce n'est donc pas du vignettage : c'est bien une rampe lumineuse d'origine extérieure, et la Lune à 3% étant hors de cause, il s'agit de pollution lumineuse au sol ou d'une cible prise trop basse. Ce gradient n'a manifestement pas été retiré avant l'étirement, ce qui le fige dans l'image finale et tire aussi la colorimétrie du fond vers le brun-rouge sur le bord gauche.
Côté traitement, l'étirement a été poussé assez fort pour aplatir les cœurs des principales Pléiades en plateaux blancs, ce qui coûte la signature bleue de ces géantes. Le même excès contribue à gonfler les disques stellaires, effet amplifié par un seeing médiocre. Enfin, avec une marge fond/point noir de seulement 1.55, l'image n'est pas vraiment sky-limited et le bruit chromatique du fond reste visible en zones sombres.
Rien de structurel : les étoiles sont rondes jusque dans les coins, la calibration Seestar tient, et le fichier est parfaitement rattrapable en retraitement depuis le master.
Que faire en priorité
- Retirer le gradient sur l'image linéaire avec GraXpert ou DBE avant tout étirement, puis neutraliser le fond
- Refaire le stretch avec un masque d'étoiles pour préserver la teinte bleue des cœurs des Pléiades
- Ajouter une série de poses courtes pour un mixage HDR des étoiles brillantes
- Appliquer une réduction de bruit chromatique ciblée sur le fond de ciel seulement
- Viser la cible plus haute sur l'horizon et à l'opposé de la source de pollution lumineuse
Diagnostics similaires

M 33 - Triangulum Galaxy
Tilt capteur

SH2-188
Gradient pollution lumineuse

Quintet de Stephen
Gradient pollution lumineuse
Articles liés
Gradient en astrophoto : pollution, Lune et solutions
Comment analyser un brut astrophoto avant de l'empiler
Problèmes en astrophoto : solutions pour des images réussies