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Dark inadapté

Hot pixels brillants OU points noirs, pattern thermique résiduel.

Description

Un dark inadapté survient quand les images de dark utilisées pour la calibration ne correspondent pas aux conditions des poses (lights) : température, temps d'exposition ou gain/offset différents.

La soustraction du signal thermique se fait alors mal. Si les darks sont trop faibles (plus froids, plus courts), il reste des pixels chauds brillants non corrigés. S'ils sont trop forts, la soustraction creuse des points noirs à l'emplacement des pixels chauds, voire un fond marbré.

Un amp glow résiduel (halo dans un coin) est un signe fréquent : le glow dépend de la température et du temps de pose, et un dark mal apparié ne le retire que partiellement, laissant une trace ou un surcreusement.

C'est un défaut de calibration, sans rapport avec l'optique : il se règle en refaisant une bibliothèque de darks correctement appariés. À distinguer des pixels chauds résiduels dus au manque de dithering, et de l'amp glow brut non calibré.

Signature visuelle

À 100 %, on repère des points lumineux isolés (pixels chauds non corrigés) ou, à l'inverse, des points sombres et trous noirs là où la soustraction a creusé trop fort.

Un halo résiduel dans un coin (amp glow mal retiré) ou une zone du fond plus sombre que le reste trahit un dark dont la température ou la durée ne collait pas aux poses.

Le fond de ciel peut paraître marbré ou granuleux de façon fixe, le même motif se retrouvant exactement au même endroit sur toutes les poses, signature d'un signal thermique mal soustrait plutôt que d'un bruit aléatoire.

Sans dithering, ces résidus se figent et forment parfois des traînées, au lieu d'être moyennés par l'empilement.

Diagnostic différentiel

À ne pas confondre avec des pixels chauds résiduels classiques : ceux-ci subsistent surtout par manque de dithering et de cosmetic correction, alors que le dark inadapté vient d'un mauvais appariement température, durée ou gain des darks.

À relier à l'amp glow : l'amp glow est le halo électronique présent sur la brute ; un dark bien apparié le supprime, un dark inadapté en laisse une trace ou crée un surcreusement dans le coin concerné.

À distinguer du banding : le banding dessine des lignes régulières, alors que le dark inadapté produit des points isolés ou un fond marbré non linéaire.

À séparer d'un bruit aléatoire : le résidu de dark est fixe (même position sur toutes les poses), tandis que le bruit de lecture change à chaque image.

Causes probables

  • Darks pris à une température différente de celle des poses
  • Temps d'exposition des darks différent de celui des lights
  • Gain ou offset des darks non identiques à ceux des poses
  • Bibliothèque de darks trop ancienne (nouveaux pixels chauds apparus)
  • Boîtier non régulé (DSLR) dont la température fluctue entre lights et darks
  • Absence de dithering, qui fige les résidus de soustraction

Conduite à tenir

  1. Apparier strictement les darks aux lights : même température, exposition, gain et offset
  2. Sur caméra refroidie, constituer une bibliothèque de darks par couple expo/gain à température régulée
  3. Sur DSLR, refaire les darks en fin de session à la température ambiante du moment
  4. Renouveler régulièrement la bibliothèque de darks (vieillissement du capteur)
  5. Activer le dithering pour neutraliser les résidus fixes restants
  6. Compléter par une CosmeticCorrection (PixInsight) sur les pixels chauds et froids isolés
  7. Vérifier la cohérence entre master dark et master bias (optimisation de dark)

Le conseil du Doc

Le dark, c'est simple mais impitoyable : il doit matcher tes lights sur trois paramètres, température, temps de pose et gain/offset. Une caméra refroidie régulée règle le problème pour de bon : fais-toi une bibliothèque de darks à -10 °C (ou ta consigne) pour chaque combo expo/gain, et tu n'y touches plus pendant des mois. Sur un capteur non refroidi (DSLR), oublie les vieux darks, refais-les en fin de session à la même température, sinon tu creuses des trous noirs ou tu laisses des pixels chauds. Et dithere : même avec des darks parfaits, c'est ta ceinture de sécurité contre tout résidu fixe. Points noirs = tu sur-soustrais, points brillants = tu sous-soustrais.

- le Doc, spécialiste des défauts d'astrophoto

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Questions fréquentes

Comment savoir si mes darks sont mal appariés ?

Deux signatures opposées vous renseignent. Si vous voyez des points noirs (petits trous sombres) à l'emplacement des pixels chauds, vos darks sur-soustraient : ils sont trop forts (plus chauds ou plus longs que les lights). Si au contraire des pixels chauds brillants subsistent, vos darks sous-soustraient : ils sont trop faibles. Un amp glow résiduel dans un coin ou un fond marbré fixe pointent aussi vers un mauvais appariement. Le réflexe : comparer température, temps d'exposition et gain/offset des darks et des lights, ils doivent être identiques.

Les darks doivent-ils être à la même température que les lights ?

Oui, c'est le paramètre le plus critique. Le courant d'obscurité (et donc les pixels chauds et l'amp glow) augmente fortement avec la température, en gros il double environ tous les 6 à 8 °C (variable selon le capteur). Un écart de quelques degrés suffit à mal calibrer. C'est pourquoi une caméra refroidie à température régulée est idéale : on fixe une consigne (par exemple -10 °C) et les darks restent valables. Sur un boîtier non régulé (DSLR), il faut refaire les darks dans des conditions de température aussi proches que possible de celles des poses.

Peut-on réutiliser une bibliothèque de darks ?

Oui, sur une caméra refroidie à température régulée : une bibliothèque de master darks par couple exposition/gain reste valable plusieurs mois, ce qui fait gagner un temps précieux. Il faut tout de même la renouveler de temps en temps, car le capteur vieillit et de nouveaux pixels chauds apparaissent. Sur un appareil non régulé (DSLR), la réutilisation est risquée : la température change d'une session à l'autre et de vieux darks provoquent une sur- ou sous-soustraction. Dans ce cas, mieux vaut refaire les darks à chaque sortie.

Pourquoi ai-je des points noirs après calibration ?

Les points noirs sont le symptôme d'une sur-soustraction : le master dark retire plus de signal thermique qu'il n'y en a réellement dans les lights, creusant un trou à l'emplacement de chaque pixel chaud. Les causes habituelles : des darks pris à une température plus élevée ou pour une durée plus longue que les poses, ou un problème d'échelle entre master dark et master bias (optimisation de dark mal appliquée). La solution est de réapparier strictement les darks aux lights, ou de désactiver l'optimisation de dark si elle creuse l'image. Le dithering aide ensuite à diluer tout résidu.