Description
Un flat inadapté est un flat appliqué à la calibration mais pris dans des conditions différentes des poses (montage modifié, focus, rotation, filtre, illumination). Au lieu de corriger l'illumination, il en introduit une fausse.
Le symptôme caractéristique est la sur-correction : là où le vignettage assombrit les coins, un flat trop « fort » les rend au contraire plus clairs que le centre, et les donuts de poussière s'inversent (anneaux brillants au lieu de sombres).
La cause est presque toujours un changement entre lights et flats : capteur tourné, mise au point retouchée, poussière déplacée, ou flat d'un autre soir réutilisé à tort.
C'est un défaut de calibration qui se corrige en refaisant des flats appariés. Le défaut opposé, des coins restés sombres, est un vignettage résiduel ; les donuts de poussière dépendent de la même chaîne.
Signature visuelle
Les coins apparaissent plus clairs que le centre, signature inverse du vignettage : la calibration a retiré trop de luminosité au centre ou pas assez sur les bords.
Les donuts de poussière s'inversent : au lieu d'anneaux sombres, on voit des anneaux clairs ou des halos brillants à l'emplacement des poussières.
Le fond de ciel devient inhomogène de façon non naturelle, parfois avec une auréole centrale sombre et des bords lumineux, ou des artefacts circulaires concentriques.
Le défaut ressort fortement au stretch et rend le retrait de gradient et la calibration des couleurs hasardeux, le fond de référence étant faussé.
Diagnostic différentiel
À ne pas confondre avec un vignettage résiduel : le vignettage laisse les coins plus sombres (sous-correction ou absence de flat), le flat inadapté les rend plus clairs (sur-correction).
À relier aux donuts de poussière : un flat bien apparié les efface, un flat inadapté les laisse ou les inverse (anneaux brillants).
À distinguer d'un gradient de pollution : le gradient est un dégradé doux et orienté du ciel réel, le flat inadapté produit des structures liées au train optique (centre/bords, anneaux), indépendantes de la direction du ciel.
Test : recalibrez sans flats. Si les coins clairs et les anneaux brillants disparaissent (au profit d'un simple vignettage), c'est bien le flat qui était en cause.
Causes probables
- Mise au point ou rotation du capteur modifiée entre lights et flats
- Flats d'une autre session réutilisés sur un montage différent
- Filtre changé sans refaire de flat dédié
- Poussière déplacée entre les lights et les flats
- Illumination du flat non uniforme (panneau, ciel ou mur mal éclairé)
- Exposition de flat inadaptée (cramée ou trop sombre)
Conduite à tenir
- Refaire des flats appariés aux lights, sur le même montage exact
- Ne modifier ni focus, ni rotation, ni filtre entre lights et flats
- Faire un flat par filtre et après toute rotation du capteur
- Soigner l'uniformité de l'illumination (panneau à flat, sky flat)
- Régler l'exposition pour un histogramme à 30-50% de la dynamique
- À défaut de bons flats, recalibrer sans flat plutôt qu'avec un flat faux
- Vérifier la cohérence flat / dark-flat (ou bias) dans le master flat
Le conseil du Doc
Le flat inadapté, c'est le piège classique : tu fais des flats, tu penses bien faire, et tu empires l'image parce qu'ils ne collent pas à tes lights. La règle est non négociable : flats pris sur le MÊME montage, sans rien démonter, sans retoucher le focus ni la rotation, idéalement dans la foulée de la session. Un flat par filtre, et refais-les si tu tournes le capteur. Côté expo, vise un histogramme à 30-50%. Et si tu hérites d'une image sur-corrigée sans pouvoir refaire les flats, recalibre plutôt sans flat (tu garderas un vignettage propre à traiter) que de laisser un flat faux saccager ton fond.
Vous pensez voir ce défaut sur votre image ?
Lancez une analyseQuestions fréquentes
Pourquoi mes flats sur-corrigent-ils l'image ?
Parce qu'ils ne correspondent pas aux lights. Un flat est censé reproduire exactement l'illumination du train optique au moment des poses. Si quelque chose a changé entre-temps (mise au point, rotation du capteur, filtre, poussière déplacée, ou flats d'un autre soir), le profil d'illumination ne coïncide plus et la division par le flat retire trop de signal à certains endroits. Résultat : coins plus clairs que le centre, donuts inversés, fond non naturel. La seule correction fiable est de refaire des flats sur le montage exact des lights.
Mes coins sont plus clairs que le centre, pourquoi ?
C'est la signature typique d'un flat trop « fort » ou inadapté : la calibration a sur-corrigé le vignettage, en éclaircissant les coins au-delà du centre. Cela arrive quand le flat a été pris avec un vignettage plus marqué que celui des lights (montage différent, filtre différent, focus changé), ou quand le master flat est mal calibré (dark-flat/bias incohérent). À l'inverse, des coins plus sombres que le centre signalent un manque de correction (vignettage résiduel). Dans les deux cas, la réponse est de réapparier les flats aux lights.
Quand faut-il refaire ses flats ?
À chaque fois que la géométrie ou l'illumination du train optique change : rotation du capteur, changement de filtre, retouche importante de la mise au point, démontage/remontage de la caméra, ou nettoyage qui déplace les poussières. En pratique, le plus sûr est de faire des flats à chaque session, dans la foulée des lights, avant de démonter quoi que ce soit. Sur un setup permanent qui ne bouge pas, on peut espacer, mais au moindre doute on refait. Un flat par filtre, toujours.
Vaut-il mieux pas de flat qu'un mauvais flat ?
Oui, très souvent. Un flat inadapté introduit des artefacts (coins sur-éclairés, anneaux inversés, fond faussé) qui sont plus difficiles à rattraper qu'un simple vignettage. Si vous n'avez pas de flats fiables, mieux vaut calibrer sans flat : vous garderez un vignettage radial propre, parfaitement gérable au traitement par un retrait de gradient. L'idéal reste évidemment de refaire de bons flats appariés ; mais entre un vignettage honnête et un flat qui ment, choisissez le vignettage.