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Guidage astrophoto : régler PHD2 et corriger le suivi

Par le Doc
Guidage astrophoto : régler PHD2 et corriger le suivi

Tu as soigné ta mise en station, lancé l'autoguidage, et pourtant tes étoiles sortent en traits, en S ou en petits haricots. Frustrant, parce que tout le reste est bon : la mise au point, le cadrage, le ciel. Le coupable, c'est presque toujours le suivi, et plus précisément la façon dont il est réglé. La bonne nouvelle, c'est que chaque forme d'étoile raconte une histoire précise, et que cette histoire pointe vers un réglage à corriger.

Dans cet article, on relie chaque signature de suivi au réglage qui la guérit : agressivité et MinMo dans PHD2, calibration côté ouest au méridien, backlash en déclinaison, mise en station, balourd, et le vieux débat erreur périodique contre PEC contre encodeurs. On reste côté réglage. Pour décortiquer la forme des étoiles elle-même, le détail visuel complet est traité dans notre article dédié aux étoiles allongées.

💡 Ce qu'il faut retenir

1. La forme de tes étoiles est un diagnostic. Trait droit uniforme = dérive (mise en station ou flexion). Étoiles en S lentes = erreur périodique non corrigée. Haricot ou zigzag court = sur-correction du guidage.

2. Avant de toucher PHD2, règle l'amont : mise en station soignée, équilibrage propre, calibration faite au bon endroit. La moitié des problèmes de guidage sont des problèmes mécaniques mal réglés, pas des paramètres logiciels.

3. Le guidage ne corrige pas tout. Une rotation de champ en monture alt-azimutale ou des vibrations ponctuelles échappent à l'autoguidage classique. Là, c'est le matériel ou la méthode qu'il faut changer.

Pourquoi un bon guidage change tout

En longue pose, ta monture doit suivre le ciel avec une précision de l'ordre de la seconde d'arc pendant plusieurs minutes. La moindre dérive, le moindre à-coup, et le point d'étoile devient un trait ou une virgule. L'autoguidage corrige ces erreurs en temps réel : une caméra surveille une étoile guide, mesure son déplacement, et envoie des ordres de correction à la monture.

Mais l'autoguidage n'est pas magique. Mal réglé, il peut empirer les choses : trop nerveux, il pourchasse le seeing et fait osciller l'étoile autour de sa position. Trop mou, il laisse passer l'erreur périodique de la vis sans fin. Et il ne peut rien contre ce qu'il ne mesure pas, comme la rotation de champ ou une rafale de vent.

L'objectif de cet article est donc double : apprendre à lire ce que tes étoiles te disent, puis régler la bonne pièce du puzzle. Avant même d'ouvrir PHD2, sache que le Doc reconnaît la signature de ton suivi sur un simple brut : soumets une pose et il te dira si tu as affaire à une dérive, une oscillation ou une erreur périodique.

Lire ce que tes étoiles racontent sur ton suivi

Chaque défaut de suivi laisse une empreinte caractéristique. Apprends à les distinguer, parce que le réglage à appliquer dépend entièrement de la signature. Voici le tableau de correspondance qui résume tout ce qui suit.

Signature d'étoile

Cause de suivi probable

Réglage à appliquer

Trait droit, même longueur et même sens partout

Dérive linéaire (mise en station, flexion)

Refaire la MES (drift align / plate-solve polaire), traquer les flexions

Étoiles en S, allongement lent et périodique en RA

Erreur périodique non corrigée

Activer le guidage, ajuster l'agressivité RA, ou enregistrer une PEC

Haricot, virgule, petit zigzag

Sur-correction du guidage

Baisser l'agressivité, monter le MinMo, vérifier le backlash DEC

Quelques subs déformées au hasard, le reste propre

Vent ou vibrations

Protéger du vent, alourdir/abaisser, trier les subs touchées

Étoiles fines au centre, en arc dans les coins, rotation autour d'un point

Rotation de champ (monture alt-az)

Poser un dérotateur, raccourcir les poses, ou passer en équatorial

Dérive linéaire (trait droit uniforme)

Si toutes tes étoiles partent en traits droits, de même longueur et orientés dans le même sens sur tout le champ, c'est une dérive linéaire. Le ciel glisse régulièrement dans une direction, pose après pose. Deux origines principales : une mise en station imparfaite (l'axe de la monture ne pointe pas exactement le pôle céleste, le champ tourne donc lentement) ou une flexion mécanique entre le tube imageur et la lunette guide.

Point clé pour le diagnostic : si tu guides et que tu dérives quand même, la flexion différentielle est suspecte numéro un, parce que la caméra guide ne voit pas le même déplacement que la caméra imageur. Le réglage n'est alors pas dans PHD2, mais dans la rigidité de ton montage.

Erreur périodique (étoiles en S, oscillation lente)

Une erreur périodique (PE) vient des petits défauts d'usinage de la vis sans fin de l'axe d'ascension droite. À chaque tour de vis, la vitesse de suivi accélère puis ralentit légèrement, ce qui fait osciller doucement l'étoile en RA. Sur une pose non guidée assez longue, les étoiles dessinent un léger S ou s'allongent de façon répétée toujours dans le même axe.

La période de cette oscillation correspond au temps d'un tour de vis sans fin, typiquement quelques minutes. C'est la signature qui la distingue d'une dérive : la dérive est continue et monotone, l'erreur périodique va et vient. La corriger relève soit du guidage bien réglé, soit de la PEC, et on y revient en détail plus bas.

Sur-correction du guidage (haricot, zigzag court)

Voici le piège le plus courant chez ceux qui viennent d'activer l'autoguidage. Des étoiles en forme de haricot, de virgule ou de petit zigzag serré ne signalent pas une absence de guidage, mais au contraire un guidage trop nerveux. C'est la sur-correction du guidage : PHD2 réagit à chaque micro-mouvement de l'étoile, y compris ceux causés par le seeing, et envoie des ordres qui font dépasser la cible. L'étoile oscille alors de part et d'autre de sa position.

Sur la courbe de guidage, ça se voit immédiatement : un tracé en dents de scie nerveux, qui croise sans arrêt la ligne zéro avec des pics symétriques. C'est exactement le genre de réglage qu'on corrige avec l'agressivité et le MinMo, traités juste après.

Vent et vibrations (subs ponctuellement déformées)

Si la plupart de tes poses sont propres mais que quelques-unes, au hasard, montrent des étoiles dédoublées ou en éclair, pense aux vibrations et au vent. Une rafale qui pousse le tube, un passage de voiture, une pompe à proximité, et l'étoile saute brutalement le temps d'une pose. L'autoguidage classique, qui corrige à la seconde, est trop lent pour rattraper une vibration haute fréquence.

Le diagnostic se fait sur la dispersion : le défaut est intermittent, pas systématique. Le réglage n'est pas logiciel, il est environnemental. On abaisse le centre de gravité, on protège du vent, et on trie les poses touchées au moment du stacking.

Rotation de champ (montures alt-az)

Sur une monture alt-azimutale (les smart telescopes, les SCT sur fourche sans table équatoriale, les Dobson motorisés), le télescope suit en bougeant sur deux axes, hauteur et azimut. Le suivi du point central est parfait, mais le champ tourne lentement autour de cette étoile guide. Résultat : des étoiles fines au centre, et de plus en plus allongées en arc à mesure qu'on s'éloigne vers les coins. C'est la rotation de champ.

Aucun réglage de guidage ne corrige ça, parce que ce n'est pas une erreur de suivi : c'est une limite géométrique du montage alt-az. Les solutions sont matérielles : un dérotateur de champ, des poses plus courtes pour limiter l'arc, ou le passage à une monture équatoriale.

Régler PHD2 sans se tromper

Une fois la signature identifiée, place aux réglages logiciels. PHD2 est gratuit et puissant, mais ses paramètres se comprennent mieux quand on sait à quoi ils servent. On va du plus impactant au plus subtil.

Agressivité et MinMo

L'agressivité (aggressiveness) définit quelle fraction de l'erreur mesurée PHD2 corrige à chaque pas. À 100 %, il corrige tout l'écart d'un coup, ce qui invite à la sur-correction et à l'oscillation. À 50-70 %, il corrige progressivement, ce qui amortit la réponse. Pour l'axe RA, une valeur autour de 70 % est un bon point de départ. Si tu vois des étoiles en haricot et une courbe en dents de scie, baisse l'agressivité par paliers de 10 %.

Le MinMo (minimum motion, ou hystérésis) définit le seuil en dessous duquel PHD2 ne corrige pas du tout. C'est ton garde-fou anti-seeing : tant que l'étoile bouge moins que le MinMo, on considère que c'est de la turbulence atmosphérique et non une vraie dérive, donc on ne touche à rien. Une valeur typique se situe autour de 0,15 à 0,20 pixel. Trop bas, PHD2 pourchasse le seeing et sur-corrige. Trop haut, il laisse passer de vraies erreurs.

Symptôme

Lecture probable

Ajustement

Courbe en dents de scie, RMS qui grimpe

Sur-correction, PHD2 chasse le seeing

Baisser l'agressivité, monter légèrement le MinMo

Dérive lente non rattrapée, étoiles qui s'étirent

Réponse trop molle ou seuil trop haut

Monter l'agressivité, baisser le MinMo

Bon en RA, mauvais en DEC seulement

Backlash en déclinaison

Régler le backlash DEC, guider DEC en un seul sens

Conseil du Doc : utilise l'assistant de guidage (Guiding Assistant) de PHD2. Il mesure ton seeing, ta dérive et ton backlash pendant quelques minutes, puis te propose des MinMo et des réglages adaptés à ta nuit. C'est bien plus fiable que de deviner.

Calibration au méridien, côté ouest

La calibration apprend à PHD2 l'orientation de ta caméra guide et l'amplitude de réponse de ta monture sur chaque axe. Pour qu'elle soit juste, fais-la dans une zone où le mouvement en RA est franc et régulier : près du méridien et de l'équateur céleste (déclinaison proche de 0°). Près du pôle, le mouvement en RA est minuscule et la calibration devient imprécise.

Un détail souvent ignoré côté ouest : après un retournement au méridien (meridian flip), l'axe DEC s'inverse. PHD2 sait gérer ça si tu lui as fourni tes coordonnées et que la connexion à la monture remonte la position de la pointe. Recalibrer à chaque cible n'est pas nécessaire si rien n'a bougé sur le train optique, mais une calibration faite au mauvais endroit (trop près du pôle) est une cause classique de guidage erratique inexpliqué.

Compensation du backlash DEC

Le backlash est le jeu mécanique dans l'engrenage de déclinaison : quand la monture doit inverser le sens de correction en DEC, il y a un court instant où la vis tourne dans le vide avant que l'engrenage ne reprenne. Pendant ce temps mort, l'étoile dérive sans être corrigée, puis l'étoile rebondit quand le jeu est rattrapé.

Deux approches propres, à combiner au besoin. La première : mesurer puis renseigner la compensation de backlash dans PHD2. L'assistant de guidage (Guiding Assistant) quantifie le jeu en DEC et te propose une valeur ; active une compensation modérée plutôt qu'agressive, parce qu'une compensation trop forte fait dépasser la cible et déclenche des oscillations en DEC. La seconde, souvent la plus robuste : passer PHD2 en guidage DEC mono-sens, via le réglage Dec guide mode réglé sur North only ou South only. Tu ne guides alors la DEC que dans la direction opposée à la dérive résiduelle naturelle ; comme PHD2 n'a plus jamais à inverser le sens, le jeu ne se manifeste plus, et tout cela sans toucher à ta mise en station. C'est la méthode standard et la plus saine sur les montures à jeu marqué.

Garde en tête que la cause racine se traite mécaniquement quand c'est possible : un réglage du jeu de la vis sans fin (worm) de ta monture réduit le backlash à la source. Un très léger déséquilibre en déclinaison peut aussi aider à maintenir l'engrènement contre un même flanc. À distinguer d'une mauvaise idée répandue : ne dégrade jamais volontairement ta mise en station pour forcer une dérive DEC constante. Tu réintroduirais de la rotation de champ et compliquerais inutilement tes réglages, pour un bénéfice que le mono-sens t'apporte proprement.

Avant le guidage : mise en station et balourd

On le répète parce que c'est fondamental : la majorité des problèmes de suivi se règlent en amont du logiciel. Une mécanique propre rend le guidage facile, une mécanique négligée rend le guidage impossible à régler.

Drift align / plate-solve polaire

Une bonne mise en station aligne l'axe d'ascension droite de ta monture sur l'axe de rotation de la Terre. Plus c'est précis, moins le champ tourne, donc moins le guidage a de travail à faire, surtout en DEC. Deux méthodes fiables :

  • Le drift align (alignement par la dérive), dont l'outil Static Polar Alignment de PHD2 est une variante guidée : tu observes la dérive d'une étoile et tu corriges l'azimut puis la hauteur de la monture jusqu'à l'annuler. Lent mais redoutablement précis, indépendant de la visibilité du pôle.

  • Le plate-solve polaire, proposé par NINA (Three Point Polar Alignment) ou SharpCap : le logiciel résout la position des étoiles, calcule ton erreur de mise en station et te guide pour la corriger. Rapide et accessible, idéal quand tu ne vois pas la Polaire.

Vise une erreur de mise en station de l'ordre de la minute d'arc ou mieux. Au-delà, tu verras une dérive résiduelle en DEC que le guidage devra rattraper en permanence, ce qui fatigue le backlash et dégrade le RMS.

Balourd RA légèrement vers l'Est

L'équilibrage (balourd) répartit le poids autour des axes pour que les moteurs travaillent sans forcer. Un déséquilibre franc fatigue la motorisation et amplifie le backlash. La pratique classique consiste à équilibrer presque parfaitement, puis à introduire un très léger déséquilibre en ascension droite, de sorte que le côté est (le contrepoids ou le tube selon le montage) tire doucement.

L'idée : forcer la vis sans fin de l'axe RA à rester constamment en appui contre un même flanc de l'engrenage. Ça supprime le jeu en RA et rend le suivi plus régulier. Le déséquilibre doit rester minime, juste assez pour maintenir l'appui sans surcharger le moteur. C'est un réglage de finition, à faire une fois la mise en station bouclée.


Erreur périodique : guidage, PEC ou encodeurs ?

L'erreur périodique mérite sa propre section parce que trois approches coexistent, et qu'on les confond souvent.

Le guidage est la solution la plus universelle. Un autoguidage bien réglé corrige l'erreur périodique en temps réel, en même temps que la dérive et les petites irrégularités. Pour une monture moderne avec une PE de quelques secondes d'arc, un guidage propre suffit largement à obtenir des étoiles rondes. C'est l'approche recommandée par défaut.

La PEC (periodic error correction) est un enregistrement de la courbe d'erreur de ta vis sans fin, que la monture rejoue ensuite pour anticiper l'oscillation. Utile en non guidé, ou en complément du guidage pour lui faciliter la tâche. Sa limite : elle ne corrige que l'erreur répétable et synchrone avec la vis. Tout ce qui est aléatoire (seeing, vent, irrégularités non périodiques) lui échappe. La PEC se justifie surtout si tu veux faire de la pose non guidée, ou si ta PE est si forte que le guidage seul peine à suivre.

Les encodeurs haute résolution sont la solution matérielle haut de gamme. Montés sur l'axe, ils mesurent en continu la position réelle de la monture et corrigent l'erreur périodique à la source, sans étoile guide. Sur les montures équipées, la PE devient quasi nulle et le guidage devient optionnel. C'est efficace et confortable, mais coûteux, donc réservé aux setups exigeants ou aux focales longues.

En résumé : pour la grande majorité des amateurs, un guidage bien réglé règle l'erreur périodique sans qu'on ait besoin de toucher à la PEC. La PEC est un complément situationnel, les encodeurs un luxe qui dispense du guidage.


FAQ : réglage du guidage et du suivi en astrophoto

Quelle agressivité régler dans PHD2 pour éviter les oscillations ?

Commence autour de 70 % d'agressivité en ascension droite. Si tu vois des étoiles en haricot et une courbe de guidage en dents de scie qui croise sans cesse le zéro, c'est de la sur-correction : baisse l'agressivité par paliers de 10 % et monte légèrement le MinMo (vers 0,18 à 0,20 pixel) pour ignorer le seeing. À l'inverse, si l'étoile dérive sans être rattrapée, remonte l'agressivité. L'assistant de guidage de PHD2 te propose des valeurs adaptées à ta nuit, c'est le point de départ le plus fiable.

Comment reconnaître une erreur périodique sur mes étoiles ?

L'erreur périodique donne des étoiles en S ou un allongement qui va et vient toujours dans le même axe (l'ascension droite), avec une période qui correspond à un tour de vis sans fin, typiquement quelques minutes. C'est sa nature cyclique qui la distingue d'une dérive linéaire, laquelle est continue et monotone. Pour la signature visuelle complète, consulte notre article sur les étoiles allongées.

Faut-il guider ou enregistrer une PEC ?

Dans la grande majorité des cas, le guidage suffit et c'est l'approche recommandée : il corrige l'erreur périodique en même temps que la dérive et les irrégularités. La PEC se justifie surtout si tu veux faire de la pose non guidée, ou en complément quand ta PE est si forte que le guidage peine. La PEC ne corrige que l'erreur répétable, pas le seeing ni le vent. Si ta monture a des encodeurs haute résolution, ni l'un ni l'autre n'est nécessaire.

Pourquoi mes étoiles sont allongées malgré l'autoguidage ?

Plusieurs pistes. Si l'allongement est uniforme partout, suspecte une dérive par flexion différentielle entre tube imageur et lunette guide : le guidage corrige le mauvais référentiel. Si les étoiles font des haricots, c'est une sur-correction (baisse l'agressivité). Si seul un axe est touché, regarde le backlash DEC. Et si les étoiles s'allongent en arc dans les coins seulement, c'est une rotation de champ (monture alt-az), que le guidage ne peut pas corriger. Soumets ton brut au Doc pour trancher.

Comment régler le balourd pour aider le guidage ?

Équilibre d'abord presque parfaitement sur les deux axes, puis introduis un très léger déséquilibre en ascension droite vers l'Est, de sorte que ce côté tire doucement. Ça maintient la vis sans fin en appui constant contre un flanc de l'engrenage et supprime le jeu en RA, pour un suivi plus régulier. Le déséquilibre doit rester minime, juste assez pour garder l'appui sans forcer le moteur. Fais ce réglage une fois la mise en station terminée.

Une monture alt-az peut-elle faire de la longue pose ?

Oui, mais avec une limite : la rotation de champ. En alt-azimutal, le suivi central est bon mais le champ tourne lentement, ce qui allonge les étoiles en arc dans les coins sur les poses longues. Les parades sont un dérotateur de champ, des poses courtes empilées en grand nombre (ce que font les smart telescopes), ou le passage à une monture équatoriale pour les longues poses sans compromis. Aucun réglage de guidage ne corrige la rotation de champ, car ce n'est pas une erreur de suivi mais une limite géométrique.


Conclusion

Régler son guidage, ce n'est pas tâtonner dans les menus de PHD2 jusqu'à ce que ça marche. C'est lire la signature que tes étoiles laissent sur tes poses, identifier la cause, et appliquer le bon réglage : la mise en station et le balourd en amont, l'agressivité et le MinMo pour calmer une sur-correction, le backlash DEC quand un seul axe décroche, et la calibration faite au bon endroit pour que PHD2 parte sur de bonnes bases.

Garde en tête que tout ne se règle pas dans le logiciel : une rotation de champ ou des vibrations relèvent du matériel et de la méthode. Et quand tu retrouves le même symptôme que dans les autres défauts d'image, l'approche reste la même que celle décrite dans notre vue d'ensemble des problèmes en astrophoto : observer, diagnostiquer, corriger la bonne pièce. Si tu hésites sur la signature de ton suivi, lance un diagnostic avec le Doc : il reconnaît dérive, oscillation et erreur périodique sur un simple brut, et te met sur la bonne piste en quelques secondes. Ta prochaine nuit te le rendra en étoiles rondes.